Le Patrimoine Religieux d'Alsace

Association pour la conservation du patrimoine religieux en Alsace

Notre association s’est réunie en assemblée générale ce 1er mai, à Mulhouse.

C’était la dernière fois que M. Pierre Goetz, président depuis 2007 et qui s’est retiré en octobre 2012, a présenté un rapport moral qu’il a placé dans une perspective sur un long terme. Son successeur est Pierre Meyer, qui poursuivra le développement de notre projet de conservatoire désormais installé à Rouffach.

Dans la foulée, une assemblée générale extraordinaire a décidé de changer l’intitulé de l’association « pour la conservation du patrimoine religieux en Alsace » qui s’appellera désormais « Conservatoire du patrimoine religieux en Alsace ».

Une toile conservée à l’église de la Trinité à Paris évoque l’Alsace…

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La Semaine sainte donne l’occasion d’évoquer quelques décors ou manifestations liturgiques qui ont marqué naguère ou jadis les cérémonies de l’Eglise catholique commémorant la Passion et la Résurrection du Christ.

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Autour de la Résurrection

 

La dernière livraison de la  Revue française d’héraldique et de sigillographie (tome 77-79, 2007-2009) propose deux articles touchant au patrimoine religieux.

Le premier, signé par M. Yvan Loskoutoff, décrit l’escalier de Sixte Quint au Vatican. Cet escalier (situé entre la chapelle sixtine et la basilique Saint-Pierre), construit en 1586, a reçu un décor qui met en exergue la nouvelle morale née du Concile de Trente. Le symbolisme est mis en valeur dans un décor de grotesques. Un détail de cet ensemble somptueux figure sur la couverture de la Revue.

Le second article réunit plusieurs contributions, dont une de M. Michel Pastoureau, sur le rouge. Cette couleur a plusieurs significations dans le domaine religieux : rouge du sang, de l’Esprit, mais aussi du feu et du démon.

On pourra admirer jusqu’au 2 avril 2013 une exposition présentée à l’hôtel du Département du bas-Rhin, place du Quartier-Blanc à Strasbourg et conçue par les soins éclairés de fr. Rémy Valléjo, O. P., sur « Strasbourg 1313, au fil du Rhin  mystique ». La figure de Maître Eckhart est centrale dans ce grand courant spirituel et intellectuel du Moyen Âge.

On verra, dans l’exposition, plus d’une centaine de documents dont l’exceptionnel (et méconnu) Office des Dominicaines de Sainte-Madeleine de Strasbourg.

La paroisse d’Ettenheim (Pays de Bade) a exceptionnellement érigé dans le choeur de l’église paroissiale (où repose le dernier cardinal de Rohan) l’impressionnant décor du tombeau du Christ, peint en 1778 par Johann Pfunner.

Cette présentation s’achèvera le lundi de Pâques, 1er avril 2013.

L’ACPRA vous invite à participer à une visite de ce site le dimanche 17 mars. Départ (pour les Strasbourgeois) de l’église Saint-Bernard, angle boulevard J-S. Bach / rue d’Ypres / boulevard de la Marne à 14 h. le déplacement se fera en covoiturage.

En pièces jointes, vous pourrez lire le dépliant proposé par la paroisse d’Ettenheim. Ettenheim1Ettenheim 2

Deschwanden, Kaiser, Scheffer, Sorg… Des tombes au décor riche ou simple conservent la mémoire de ces peintres dont les oeuvres se trouvent dans nos églises.

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Benoît JORDAN, Le mobilier et les objets dans les édifices religieux chrétiens d’Alsace, Drulingen, 2012. Collection « Alsace Histoire » N° 6.

            De toute évidence, il incombait à Benoît Jordan – notre secrétaire et actuel président par intérim – de s’atteler à la tâche et de rédiger ce volume qui touche à l’un de ses centres d’intérêt, sinon à son sujet de prédilection.

            Disons dès l’abord que le résultat – par le fond et la forme – correspond certainement à l’attente  de bien des lecteurs qui ne sont pas nécessairement au fait de toutes les spécificités en la matière. Le judaïsme sera traité dans un autre volume de la collection.

            Un indispensable glossaire, relatif aux deux cultes, permet au lecteur d’appréhender les réalités évoquées dans le corps de l’ouvrage. Indispensable aussi, le rapide survol des grandes époques de l’histoire de l’art, des origines à l’an 2000.

            La seconde partie est vouée au cœur même du sujet, les lieux et les objets. Après l’étude de l’agencement  interne  des lieux de culte – catholiques, protestants et simultanés – vient celle des ornements,  puis des objets propres à chaque culte. Le lecteur trouvera la photo d’un surplis (comme il ne s’en porte plus) – plié et noué dans les règles de l’art – et apprendra que « le rideau placé devant un tabernacle » porte le nom de conopée. Dans les objets, les « anciens » retrouveront avec plaisir le dais de la procession de la Fête-Dieu, le Kleppri et une grande crécelle utilisés le Vendredi saint  (p. 63) ; d’autres apprendront à connaître la pyxide dans laquelle le prêtre place l’hostie qu’il porte à un malade. Cloches et orgues – qui méritent une analyse particulière, comme l’indique dans la préface le responsable de la collection, Jean-Michel Boehler – ne sont qu’évoquées.

            « Ecrire l’histoire d’un édifice ou d’une communauté religieuse » constitue l’objet de la troisième partie. Outre l’indispensable renvoi aux archives et à la bibliographie, sont abordées quelques problématiques propres au sujet : les artistes et artisans, la production en série (ostensoirs, chemins de croix …), l’orfèvrerie, les tissus et ornements, le commerce des objets liturgiques, les commanditaires et les donateurs.

            La dernière partie revêt un aspect très pratique : « Conserver, préserver, expliquer », non sans évoquer d’abord une question de droit, celle de la propriété. Conserver de tels objets impose la sécurité contre le vol, l’humidité, l’incendie, l’assurance. Le stade préliminaire consiste à en dresser  l’inventaire.  Suivent des conseils judicieux pour leur entretien et leur mise en valeur. Ce chapitre s’adresse, au fond, aux conseils de fabrique, responsables du patrimoine de leur église.

            L’illustration réserve d’heureuses surprises, comme ce tintinnabule de la basilique de Marienthal (p.11) que peu de gens doivent connaître ou encore cet orfroi de chasuble du XVIe  siècle conservé au Musée du Florival à Guebwiller (p. 22), la châsse de sainte Vincence à Turckheim (p. 66), la chasuble offerte à la paroisse d’Andlau par l’impératrice Eugénie (p. 79), l’intérieur de la chapelle des Larmes au Mont Sainte-Odile avant les transformations de 1936 (p. 95). Plaisante pour celui qui n’a jamais visité Bourgheim : la vue intérieure de l’église simultanée dans laquelle il a fallu faire des efforts pour loger tout le monde !

                                                                                                                        Louis Schlaefli

Ouvrage disponible en librairie et à la Fédération des Sociétés d’Histoire et d’Archéologie d’Alsace, 9 rue de Londres 67000 Strasbourg. Tél. : 03 88 60 76 40      www.alsace-histoire.org

 

Voici une fiche pédagogique présentant deux textes décrivant le culte protestant à Strasbourg.

Cliquez sur le lien suivant : le culte protestant à Strasbourg

Le cartulaire de l’église Saint-Georges de Haguenau, publié par l’abbé C. A. Hanauer, 1898) permet de percevoir quelques aspects de la vie liturgique notamment dans les années qui précèdent la Réforme. A la page 451, n° 950, est publiée une « note » :

 

1504

Meister Vix erhielt noch 8 fl. für ein ander Crucifix so er dem werg gesnitten hat, das Crütz an den lettener zu hencken, und das alte crütz so vor do gehangen ist in den gernert zu hencken.

5 fl. mr D. Martin dem moler gegeben von 12 crützen so der schriner geschnitten hat, so man crancken personen mit dem h. sacrament der ölung zu huse treit, suferlichen zu molen, ouch die 4 nuwen lutzernen mit sampt den stangen zu fassen, und die knopfe daran zu vergulden.

  »Maître Vix touché encore 8 fl. Pour un deuxième crucifix qu’il a sculpté, pour avoir suspendu la croix au jubé et suspendu l’ancienne croix qui y était dans l’ossuaire.

« 5 fl à maître D. Martin le peintre, pour 12 croix que le menuisier a faites et que l’on amène chez les malades avec le saint sacrement des huiles à domicile, pour les peindre proprement, décorer également les quatre nouvelles lanternes avec les bâtons et en dorer les boutons ».

 

On voit donc que la paroisse s’est dotée d’un nouveau crucifix, l’ancien, sans doute passé de mode, trouvant un nouvel emplacement dans l’ossuaire où l’on recueillait les ossements du cimetière.

Douze croix sont réalisées et placées dans les maisons des malades à qui l’on donne les derniers sacrements (l’onction avec l’huile des malades constitue le geste le plus important de ce sacrement). Sans doute ces croix étaient-elles ensuite rendues à la paroisse après la guérison ou le décès.